ALIMENTATION, DIGESTION

Les dinosaures avaient de multiples stratégies pour prendre leur nourriture, puis la digérer et la transformer.

Il existe un grand nombre d’éléments permettant de déterminer le mode d’alimentation des dinosaures. Dents, griffes et mâchoires nous indiquent leur préférence en la matière, tandis que les fossiles plus rares ou le contenu de l’estomac a été préservé nous apprennent ce qu’ils mangeaient. Les coprolithes (excréments fossilisés) et les connaissances que nous avons de la faune et de la flore d’alors nous permettront de déterminer quel type de nourriture mangeait tel ou tel dinosaure.

Crâne d'Allosaurus
L'ALLOSAURUS (théropode), aux énormes mâchoires et aux dents aiguisées.
Crâne de Corythosaurus
LE CORYTHOSAURUS avec un bec de canard pour arracher les feuilles.
Crâne de Protoceratop
LE PROTOCERATOPS arrachait les plantes avec son bec pointu tranchant.
Crâne d'Iguanodon
L'IGUANODON utilisait ses dents pour broyer les plantes et les réduire en bouillie.

LES CARNIVORES

Les théropodes avaient de longs membres antérieurs aux griffes acérées et recourbées qui leur permettaient d’attraper leur proie et de l’éventrer avec leurs rangées de dents pointues. L’imposant Allosaurus du Jurassique chassait probablement des animaux dix fois plus gros que lui. Il devait sans doute les attaquer en leur tendant des guets-apens, puis les éventrait et les laissait se vider de leur sang. Peut-être aussi mangeait-il les petits des gros sauropodes ou attaquait-il les stégosaures et les Camatosaurus de taille plus modeste. Le squelette des théropodes plus petits, par leur flexibilité, leur donnait une plus grande agilité pour chasser des animaux plus petits qu’eux, ou pour s’attaquer en groupe à de plus grosse proies. Le tyrannosaure aux frêles membres antérieurs était une exception. Il ne s’en servait manifestement pas pour capturer ses proies, mais sa gueule était si grande qu’il pouvait mordre avec plus de force que n’importe quel autre animal connu. Étant aussi le plus gros représentant de son ère géographique, il pouvait s’attaquer à n’importe quelle proie.

LES HERBIVORES

Les plantes qui poussaient au Mésozoïque étaient, pour la plupart, pauvres en éléments nutritifs et difficiles à broyer. Face à ces problèmes, les herbivores avaient recours à diverses stratégies, qui consistaient, pour la grande majorité d’entre eux, à transformer de grandes quantités d’aliments. Les sauropodes arrachaient les plantes et les avalaient sans même les transformer. Du fait qu’ils pouvaient ingérer d’énormes quantités de nourriture, ils devaient la fragmenter pour garder les quelques rares substances nutritives, ce qu’ils faisaient dans un immense préestomac en forme de cuve, ou gésier, ou les aliments étaient réduits en une bouillie à l’aide de cailloux, ou gastrolithes, qui se trouvaient là et qui favorisaient la fragmentation. Les pachycéphalosaures, les ornithopodes et les cératopsiens utilisaient une autre stratégie. Ils se servaient de leurs dents en guise de meule pour broyer la nourriture avant de l’ingurgiter. Ces dents, ainsi mises à contribution, s’usaient rapidement. Mais une fois hors d’usage, elles étaient remplacées. Les ornithischiens poussèrent cette technique à l’extrême en développant des batteries de dents qui fonctionnaient comme un seul disque abrasif et qui poussaient tout au long de leur vie, pouvant se composer de centaines de dents. Les dents avant arrachaient la plante, qui était ensuite broyée par les dents arrière. Les ornithischiens eurent très vite, au cours de leur évolution, un bec pointu à la place de leurs dents avant. Leurs joues empêchaient les aliments de tomber pendant la mastication. On a vu chez plusieurs spécimens des crêtes osseuses autour de la bouche sur lesquelles reposaient probablement les joues.

LES HERBIVORES

L’âge des dinosaures se caractérisait, dans sa majeure partie, par un climat chaud et humide. Une végétation abondante nourrissait peut-être des milliers d’espèces de dinosaures.

Sauropodes

Pour les dinosaures, comme pour tous les animaux, la vie consistait surtout à trouver de la nourriture et à éviter de se faire manger par d’autres. Les herbivores élaborèrent ainsi des stratégies complexes et toute une panoplie d’armes défensives. Pris dans cette course aux armements empruntés à l’évolution et devant souvent faire face à une forte concurrence, les prédateurs mirent au point des armes encore plus redoutables pour attaquer et soumettre les animaux qu’ils avaient choisis comme victimes.

LES SAURISCHIENS

Il y a deux catégories de saurischiens herbivores : les prosauropodes et les sauropodes. Les prosauropodes archaïques étaient de taille moyenne à grande, avec un long cou et une longue queue, un tête assez petite et un grand corps. Ils étaient tous quadrupèdes, même si certains se dressaient probablement sur les pattes arrière pour manger, pour se défendre ou parader. Les sauropodes, qui descendaient sans doute des prosauropodes, étaient de grande à très grande taille. Certains furent les plus gros animaux qui aient jamais existé sur la Terre. Ils se reconnaissent à leur queue et à leur cou très longs, leur corps en forme de tonneau et leur toute petite tête. Pour assurer leur survie, prosauropodes et sauropodes devaient transformer d’énormes quantités d’une nourriture pauvre en substances nutritives. Ils y parvenaient en arrachant les feuilles et les frondes, qu’ils avalaient directement sans mâcher, et qui se fragmentaient ensuite dans leur estomac gigantesque sous l’effet de la fermentation. Des gastrolithes ont été trouvés dans de nombreux estomacs de sauropodes. Ces pierres qui étaient concassées par les muscles de l’estomac aidaient à écraser les fibres très dures des plantes.

LES ORNITHISCHIENS

Malgré leur grande diversité, les ornithischiens étaient tous herbivores. Parmi eux se trouvent les thyréophoriens à plaques, dont les stégosaures et les ankylosaures, les ornithopodes qui comprennent les iguanodontidés et les hadrosauridés, ainsi que les marginocéphaliens avec les cératopsiens et les pachycéphalosaures. Tous les thyréophoriens portaient une sorte d’armure osseuse sur le dos. Chez les stégosaures, cette armure se présentait sous forme d’une double rangée de plaques et de piques osseuses saillant vers le haut. Chez les ankylosaures, le dos était couvert d’une mosaïque de plaques qui descendait parfois jusqu’aux flancs ou jusqu’au ventre. Ces plaques, surtout celles du pourtour, étaient hérissées de pointes çà et là. Le poids de cette armure obligeait l’animal à se tenir sur ses quatre pattes, mais certains des thyréophoriens primitifs comme le Scutellosaurus étaient probablement capables de se tenir sur deux pattes, pendant de courtes périodes. Les ornithopodes (« pied d’oiseau ») doivent leur nom à leurs pieds à trois doigts rappelant ceux des oiseaux. Leur taille était variable, depuis le tout petit heterodontosaurus jusqu’aux hadrosauridés qui mesuraient parfois plus de 10 m de long. Ils se caractérisaient par une tête relativement grosse, un cou modérément long et de longs membres postérieurs. Ils se déplaçaient sur leurs quatre pattes et se dressaient sur les deux pattes arrière en cas de nécessité. Ils étaient souvent pourvus de « tendons ossifiés » le long du dos, sur la croupe et le long de la queue, lesquels contribuaient probablement à maintenir l’équilibre de la queue et de la partie postérieure de l’animal en les rendant plus rigides, et à contrôler ainsi certains mouvements. Les marginocéphaliens se caractérisaient par une excroissance osseuse sur le pourtour de la tête. Les pachycéphalosaures arboraient une série de protubérances et de bosses, tandis que leurs cousins, les cératopsiens, acquirent un collier osseux qui s’allongea par la suite jusqu’aux épaules. Les pachycéphalosaures se servaient sans doute de leur tête en guise de bélier pour se défendre ou pour parader. Les cératopsiens, presque tous quadrupèdes, avaient une très grosse tête amplifiée par un collier cervical, des cornes et des piques sur la face. Les ornithischiens herbivores procédaient différemment des saurischiens pour la nourriture. Certains, comme les thyréophoriens, découpaient les aliments en tout petits morceaux dans la bouche avec leurs petites dents acérées ; ils ne pouvaient pas broyer leur nourriture comme le feraient plus tard les marginocéphaliens et les ornithopodes avec leurs batteries de dents qui faisaient office de meules.

Troupeau de Sauropodes

LES CARNIVORES

La taille des dinosaures carnivores variait de manière spectaculaire, depuis deux qui ne dépassaient pas la taille d’un poulet jusqu’aux plus gros prédateurs ayant jamais existé sur Terre.

Carnivore

Les dinosaures carnivores font tous partie d’un même groupe : les théropodes. On pense que certains des dinosaures primitifs connus étaient des théropodes. Étant aujourd’hui établi que les oiseaux sont leurs descendants et qu’ils peuvent être considérés comme des théropodes vivants, on peut dire que leur histoire s’étend sur plus de 230 millions d’années. Les fossiles de théropodes sont en général plus rares et plus diversifiés que ceux de leurs parents herbivores. Près de 40 % des genres de dinosaures reconnus par les paléontologues sont des théropodes, mais la plupart sont représentés par un seul spécimen. Leur classification est donc susceptible de changement à mesure que de nouveaux matériaux sont découverts.

CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES

Les théropodes avaient en général une petite corpulence et une grosse tête, des dents en forme de lame au bord souvent cranté. Leurs longues pattes élancées leur donnaient une vélocité plus grande que la majorité des animaux. Tous étaient bipèdes. Ils étaient pourvus ordinairement de longues griffes recourbées terminées par une pointe, surtout aux mains. Leurs os étaient creux, une caractéristique qui allait aider leurs descendants, les oiseaux, à prendre leur envol. Eux aussi avaient des poches d’air dans le crâne et entre les vertèbres. Ils avaient au moins 5 vertèbres reliées au bassin, et une articulation complémentaire dans la mandibule qui permettait un mouvement latéral des mâchoires pour prendre de gros morceaux de nourriture.

Carnivore

LES TYPES

Les théropodes peuvent se diviser en deux groupes principaux : les cératosaures et les tétanuriens. Les premiers proviennent presque exclusivement des roches du Trias supérieur et du Jurassique inférieur, bien que certains théropodes du Crétacé supérieur africain et sud-américain entrent aussi dans ce groupe. Parmi les cératosaures les plus connus figurent le Dilophosaurus et le Coelophysis, avec 4 doigts fonctionnels à chaque main et des doigts de pied griffus. Les tétanuriens regroupent tous les autres théropodes. Ils avaient trois doigts fonctionnels au plus à chaque main, et trois gros doigts de pied ainsi qu’un plus petit du côté interne. Parmi eux, se trouvaient les carnosaures généralement de grande taille, avec notamment l’Allosaurus et le Sinraptor. Ce groupe a subi des modifications importantes ces dernières années en raison d’un nouveau classement de nombreux fossiles retrouvés. Au départ, les carnosaures étaient regroupés uniquement d’après leur grande taille, mais le Tyrannosaurus, le plus gros de tous, n’est plus considéré aujourd’hui comme un membre du groupe. Les coelurosaures qui étaient en majorité des tétanuriens du Crétacé, comprenaient des géants comme l’imposant Tyrannosaurus, et d’étranges créatures comme les dromaeosauridés, les ornithomimosaures rappelant l’autruche et les Oviraptor à crête. Ornithomimosaures et Oviraptor étant pratiquement dépourvus de dent, on peut se demander ce qu’ils mangeaient et comment ils transformaient leur nourriture. Les dromaeosaures avaient un squelette rappelant beaucoup celui des oiseaux ainsi qu’une griffe rétractable au deuxième doigt qui pouvait blesser mortellement une proie. De récentes découvertes, notamment celles faites en Chine, ont révélé l’existence d’un grand nombre de théropodes apparentés aux oiseaux, démontrant bien le lien entre les deux groupes. Plusieurs spécimens, notamment le Sinosauropteryx et le Caudipteryx, ont été trouvés avec des plumes ou des structures similaires. Il est donc possible que ce genre de structure ait été plus répandu chez les théropodes, mais qu’en raison des aléas de la fossilisation, elle ne se soit pas conservée sur les vestiges découverts jusqu’alors. En tant que groupe majoritaire de l’époque, les théropodes avaient des habitudes très diverses comme les carnivores d’aujourd’hui. La découverte des dizaines de Coelophysis à Ghost Ranch au Nouveau-Mexique et des Allosaurus de Cleveland-Lloyd Quarry dans l’Utah démontre qu’au moins certains théropodes vivaient en groupes. Mais les fossiles de théropodes découverts à ce jour étant surtout de spécimens isolés, on suppose qu’il s’agissait plutôt d’animaux solitaires.

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