L'EXTINCTION des DINOSAURES

Les théories abondent, mais le mystère qui entoure l'extinction des dinosaures à la fin du Crétacé subsiste.

Les dinosaures ont dominé le paysage terrestre pendant la majeure partie du Mésozoïque et sont encore, dans un certain sens, très diversifiés aujourd’hui, par exemple avec les oiseaux, leurs descendants directs. Les animaux appelés vulgairement dinosaures, eux, par contre, se sont éteints à la fin du Crétacé et en l’espace de quelques millions d’années, des mammifères et des oiseaux de grande taille occupèrent la place des théropodes et des dinosaures à bec de canard. Pourquoi les dinosaures ont-ils disparu ? La cause exacte de l’extinction des dinosaures non volants fait toujours l’objet d’un débat passionné. Très rares sont aujourd’hui les endroits sur la Terre ou la transition du Crétacé au Tertiaire se trouve conservée dans des séquences de

Si nous ne pouvons savoir avec certitude ce qui s’est passé il y a moins de 50 ans, comment pouvons-nous élucider un mystère vieux de millions d’années, avec pour seul indice un vestige fossile probablement très incomplet ? À notre avis, 70 % des espèces d’organismes marins se sont éteintes à la fin du Crétacé. C’est surtout les invertébrés marins qui ont été touchés. Les groupes prédominants comme les ammonites (parents du nautile et du calmar actuels) ont complètement disparu. De nombreuses espèces de reptiles marins, dont les mosasauridés et les plésiosaures, se sont éteintes de cette façon.

Roche Météorique

sédiments rocheux ou d’eau douce. Nous avons une idée précise de ce qui s’est passé en milieu marins, mais seuls quelques dinosaures (oiseaux aquatiques) vivaient en mer à cette époque. Nous sommes donc contraints de faire une généralisation à partir de ce que nous révèlent ces sites et de l’appliquer au monde entier.

ÉNIGME DU PASSÉ

Même des événements récents auxquels des milliers de gens ont assisté et qui ont été enregistrés sur bande vidéo sont sujets à controverse. Citons pour exemple l’assassinat du Président John F. Kennedy.

Cratere de meteorite
UN IMPACT a creusé, il y a 300 000 ans, un cratère de 900 m de diamètre, le Wolfe Creek Crater situé dans le parc national australien du même nom.

SUBITE OU PROGRESSIVE ?

DES HYPOTHÈSES

Nous savons moins de choses sur ce qui s’est passé sur la terre, mais ce qui est certain, c’est que tous les dinosaures non volants ont disparu à la fin du Crétacé, de même que les ptérosauriens et de nombreux groupes de vertébrés plus petits. Certains chercheurs ont avancé que cette disparition a été très soudaine et que plusieurs lignées se sont éteintes en l’espace de quelques milliers d’années – un temps relativement court par rapport à l’histoire de notre planète. D’autres, en revanche, soutiennent qu’elle a été plus progressive et que certains groupes se sont

mammifères ; les radiations nocives d’une lointaine supernova ; les épidémies. Si elles peuvent paraître plausibles, ces explications laissent un grand nombre de questions sans réponse. Les plantes à fleurs, par exemple, se sont développées des dizaines de millions d’années avant l’extinction des dinosaures. Les mammifères ont aussi cohabité avec eux pendant plus de 100 millions d’années. Ces théories n’expliquent donc pas les extinctions massives qui eurent lieu à la fin du Crétacé, ni pourquoi tant de groupes d’organismes en ont été les victimes.

éteints bien avant la période charnière entre le Crétacé et le Tertiaire. Les éléments de preuve dont nous disposons, qui se réduisent à quelques sites, ne suffisent pas pour résoudre le problème. S’il est probable que la disparition des invertébrés marins ait été assez soudaine, celle des animaux terrestres a sans doute été plus progressive. De nombreuses théories ont été avancées pour expliquer l’extinction des dinosaures non volants : l’empoisonnement par les fleurs ; la destruction de leurs œufs par les premiers

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LES THÉORIES ACTUELLES

Pour les paléontologues d’aujourd’hui, il y a trois théories majeures pour expliquer l’extinction massive au Crétacé-Tertiaire. Toutes sont fondées sur des éléments solides et toutes trois peuvent avoir été des facteurs importants qui se sont renforcés mutuellement dans le cycle infernal d’une catastrophe écologique. La première théorie fait intervenir des changements climatiques déjà amorcés au Crétacé. Les températures de la planète chutèrent à la fin du Crétacé et les variations saisonnières s’accentuèrent. Les écarts de température entre l’été et l’hiver, surtout sous les hautes latitudes, se creusèrent nettement. Ce phénomène était peut-être dû en partie à des changements importants du niveau de la mer, lesquels entraînèrent certainement une augmentation de la superficie de l’habitat marin. La montée du niveau de la mer a peut-être aussi contribué à la dislocation de l’habitat terrestre. Les grandes étendues de forêts, par exemple, se sont peut-être morcelées et les grandes concentrations d’animaux se sont trouvées à leur tour fragmentées, ce qui donna des populations moins nombreuses et donc plus vulnérables. Or, si les changements du climat et du niveau de la mer pouvaient manifestement avoir un effet sur la survie des espèces ou entraîner leur extinction, ils n’ont sans doute pas provoqué une mort soudaine. Si, comme l’affirment de nombreux chercheurs, les dinosaures se sont éteints de manière subite, c’est pour d’autres raisons. La deuxième grande théorie invoque des éruptions volcaniques à grande échelle. À la fin du Crétacé, plusieurs régions du monde subissaient en effet une activité volcanique très intense, comme en témoignent les Ghats du Deccan indien formés par une immense coulée

proches du Yucatan ou se serait produit l’impact se sont vues subitement privées de la majeure partie de leur végétation. Les plantes à fleurs et les conifères réapparurent au Tertiaire, mais les gros dinosaures herbivores n’étaient plus la pour les manger. La clé du mystère concernant l’extinction massive des dinosaures continuera probablement à nous échapper. Il est possible facteurs invoqués par les grandes théories actuelles aient joué un rôle important. Il y a de bonnes raisons d’avancer qu’il existe un lien entre les changements climatiques, l’activité volcanique, l’impact d’un astéroïde et les extinctions massives, mais nous n’en avons encore aucune preuve. Ce que nous pouvons affirmer, c’est que le monde au début du Tertiaire était très différent de celui du Crétacé supérieur. Seuls les dinosaures à plumes sont passés du Crétacé au Tertiaire.

basaltique. La troisième, la plus tragique, énonce le principe de l’impact d’une comète ou d’un astéroïde à la fin du Crétacé. Plusieurs données sembleraient l’étayer. La plus convaincante est l’existence d’éléments, tel l’iridium, qui s’enrichissent dans les dépôts sédimentaires marquant le passage du Crétacé au Tertiaire. Ces éléments sont rares sur la Terre, mais courants dans les matériaux extraterrestres. Des particules de quartz métamorphique (c’est-à-dire qui a été soumis à une pression intense) se trouvent aussi dans ces mêmes dépôts sédimentaires. Les géologues croient aujourd’hui avoir trouvé le cratère creusé par cet impact : il se situe dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, très loin sous terre. L’activité volcanique et l’impact de cet astéroïde auraient eu de nombreux effets similaires sur l’environnement. En faisant apparaître des quantités importantes de poussières et de cendres dans les couches supérieurs de l’atmosphère, les deux phénomènes auraient empêché les rayons solaires d’atteindre la surface de la Terre et les plantes de survivre. La disparition de la vie végétale aurait alors eu un effet en cascade sur les autres organismes, affectant bien sûr les herbivores et, par voie de conséquence, les carnivores qui s’en nourrissaient. Des éléments indiquant une perturbation ponctuelle chez les populations végétales se retrouvent effectivement dans la limite stratigraphique du Crétacé-Tertiaire nord-américain, à savoir une augmentation soudaine des spores chez les fougères. En général, les fougères sont très courantes lorsque les angiospermes et les conifères sont éliminés, donc cela permet de penser que de vastes étendues de l’Amérique du Nord

LES SURVIVANTS DE L'EXTINCTION

Un grand nombre d’espèces animales ont survécu au cataclysme qui s’est produit à la fin du Crétacé.

Le phénomène de destruction massive survenu à la fin du Crétacé a éliminé plus de la moitié des animaux de la Terre. Ceux que nous connaissons le mieux sont les dinosaures non volants et plusieurs grands groupes d’invertébrés marins, comme les ammonites. Or, les groupes importants d’animaux ayant survécu sont souvent inconnus, ce qui laisse planer le doute sur ce qui s’est passé exactement à la période délimitant le Crétacé et le Tertiaire.

ANIMAUX AQUATIQUES

Le groupe qui a sans doute le moins souffert de tous ces changements est celui des poissons à squelette osseux. Ils semblent avoir conservé leur diversité aussi bien en milieu marin qu’en eau douce. Peu d’éléments laissent à penser que certains autres groupes importants vivant en eau douce comme les amphibiens, les tortues et les crocodiles ont perdu de leur diversité. Cela est surprenant car, depuis longtemps, les scientifiques affirment que les pluies acides ont été l’une des conséquences les plus graves de l’impact d’astéroïde survenu à cette époque. D’après les chercheurs, elles seraient dues à l’interaction des matériaux éjectés de la croûte par cet impact avec l’eau de l’atmosphère. Or, ce sont les groupes qui, curieusement, ont le plus souffert des effets de ces pluies acides à l’époque moderne (poissons d’eau douce et amphibiens) qui ont survécu aux événements de la période de transition entre le Crétacé et le Tertiaire.

Survivants

VESTIGES FOSSILES

Les biologistes se sont demandé récemment si les vestiges fossiles reflétaient bien l’ampleur de la diversification des oiseaux et des mammifères durant la période de transition entre le Crétacé et le Tertiaire. D’après les données qu’ils nous livrent, ces groupes, déjà diversifiés au Crétacé, ont continué de se différencier par la suite, engendrant un grand nombre de lignées au début du Tertiaire. On peut en déduire que ces animaux s’adaptèrent à leurs nouvelles conditions de vie et se diversifièrent, les mammifères notamment prenant la place des dinosaures non volants du Mésozoïque. Certains biologistes moléculaires contestent ce schéma. En supposant que les gènes se modifient à un rythme pour ainsi dire constant dans le temps, nous pouvons savoir quand des groupes vivants ont divergé, en comptant le nombre de modifications dans leurs gènes. Cette méthode a ainsi révélé que les divergences entre les groupes vivants de mammifères et d’oiseaux avaient eu lieu en plein Crétacé, c’est-à-dire bien avant leur apparition dans les vestiges fossiles. Ce qui porte à croire que si les lignées étaient nombreuses au Crétacé, il n’y a aucune trace d’elles dans les vestiges fossiles. Il se peut très bien que les données livrées par ces vestiges soient incomplètes. Mais il se peut aussi qu’il y ait un problème avec la méthode de calibrage des « horloges moléculaires » utilisée par les biologistes. D’autres recherches finiront peut-être par nous dévoiler la vérité.

MAMMIFÈRES ET OISEAUX

Nous ne pouvons savoir avec certitude dans quelle mesure les mammifères ont souffert pendant cette période, ou s’ils ont véritablement été touchés. Nous savons que les mammifères se sont diversifiés au début du Tertiaire. Il semble aussi que des groupes se soient éteints à la fin du Crétacé, mais certains chercheurs ne sont pas d’accord et soutiennent qu’ils ont simplement évolué vers les formes du Tertiaire que nous connaissons à travers les fossiles. Un facteur qui a pu sauver bon nombre de mammifères, c’est leur taille. Ceux du Crétacé, qui étaient petits, ont très bien échappé effectivement aux effets du changement climatique, des éruptions volcaniques et autres en se cachant sous terre. Chez les vertébrés volants, les ptérosauriens disparurent complètement, mais les dinosaures laissèrent leurs empreintes sous la forme d’oiseaux, leurs descendants directs, et avec les crocodiles et les alligators, leurs parents plus éloignés. Tous les groupes volants cependant n’ont pas survécu au-delà du Crétacé. Un groupe très diversifié, celui des énantiornithes, les oiseaux dominants du Crétacé, qui étaient présents sur tous les continents, ne semble pas avoir survécu jusqu’au Tertiaire.

Mammifere survivant

Documentaire intéressant sur les causes de l'extinction et de la disparition des dinosaures.

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