Natural History Museum
C’est au Natural History Museum de Londres que l’on peut observer depuis plus de 200 ans les premiers fossils de dinosaurs jamais découverts. Le musée a peu à peu rassemblé une collection gigantesque de fossiles provenant des quatre coins de la planète. Le British Museum ouvrit en 1753 dans le quartier londonien de Bloomsbury. Dès lors, on put y observer un grand choix de curiosités naturelles ou historiques. La première collection significative de fossiles et autres spécimens géologiques du musée fut constituée à partir d’achats et de donations faites par d’éminents gentlemen naturalistes de cette époque. Parmi eux, Williams Smith (que l’on considère souvent comme le fondateur de la géologie) et Gideon Mantell qui découvrit les restes de l’Iguanodon. Tous les spécimens récoltés par Charles Darwin lors de son voyage sur le Beagle y furent également rassemblés. Le musée fut déplacé en 1845, mais dès 1856, sa collection devint si imposante qu’il fallut construire un nouveau bâtiment. Des spécimens obtenus par le British Geological Survey et provenant des quatre coins de l’Empire britannique vinrent s’ajouter à la collection. L’impressionnant bâtiment qui abrite aujourd’hui le musée fut terminé en 1881. L’un des principaux militants pour le déménagement du musée fut le fameux anatomiste sir Richard Owen, qui alla jusqu’à influencer le style même du bâtiment. C’est lui qui le premier employa le terme de « Dinosauria » après qu’il eut fini d’inventorier les restes de dinosaures présents au musée à cette époque. Son inventaire faisait surtout état des restes complets de Megalosaurus, d’Hylaeosaurus et d’Iguanodon. En 1963, la section Histoire naturelle fut détachée du British Museum (qui ne propose plus désormais que des collections historiques ou archéologiques) et fut officiellement dénommée Natural History Museum qui s’agrandit encore lorsqu’en 1986, il abrita les collections du Geological Museum, situé à deux pas. Aujourd’hui, le Natural History Museum héberge quelque 9 000 000 de spécimens, dont près de 30 000 fossiles de reptiles et autres amphibiens. Le musée est réputé comme centre d’étude de la paléontologie, et notamment l’étude des dinosaures. Lors de ces trente dernières années, d’éminents spécialistes tels que le Dr Alan Charing et le Dr Angela Milner y travaillèrent. On trouve dans les collections de dinosaures du Natural History Museum d’importants spécimens : Megalosaurus, Hylaeosaurus, Hypsilophodon, Dacentrurus, Rhabdodon (ou Mochlodon), Polacanthus, Euoplocephalus, Thecodontosaurus et Brachiosaurus. Le spécimen londonien d’Archaeopteryx, sans doute l’un des fossiles les plus connus ainsi que l’un des sept seuls spécimens existants, fut acquis par le musée en 1861, pour 1050 euros, une somme importante pour l’époque. Le travail de sir Richard Owen sur ce spécimen est considéré comme un acte fondateur concernant l’origine des oiseaux. On admet aujourd’hui que l’Archaeopteryx est le premier oiseau, même si sa morphologie se rapproche plus de celle des dinosaures. Le Scelidosaurus est une autre célébrité du musée. Ce dinosaure de petite taille et à armure fut étudié par sir Richard Owen à partir d’un squelette quasi complet découvert en 1863 dans la région du Dorset, dans le sud de l’Angleterre. Durant les années 1960, des scientifiques du musée mirent au point une technique permettant de séparer les os fossilisés des roches calcaires ou il se trouvaient, grâce à une solution pauvre en acide. Ainsi, de nombreux détails concernant l’anatomie du Scelidosaurus furent mis au jour. Le Natural History Museum renferme aussi des spécimens de dinosaures peu connus, tels que des os opalisés de Rapator, Walgettosuchus et Fulgurotherium, tous trois provenant d’Australie. Toutefois, la validité de certains spécimens est aujourd’hui remise en question, notamment Aristosuchus trouvé dans le Wealden, et Proceratosaurus, dans les couches jurassiques du sud de l’Angleterre. La présentation des dinosaures dans le musée fut entièrement refaite en 1991, afin que ceux-ci soient présentés de manière plus conforme à leurs habitudes biologiques et comportementales. En traversant le grand hall, les visiteurs se retrouvent nez à nez avec deux imposants squelettes de Diplodocus et de Triceratops.

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